Les iles du Cap vert, un archipel d'une dizaine d'îles et quelques ilots rocheux au large du Sénégal. Ancienne colonie portugaise, le Cap vert est maintenant une République démocratique. On y parle le Portugais, et un créole mélange de Portugais et Sénégalais.

 

Iles de Sal et de Sao Nicolao

Nous avons visité deux îles pour le moment, l’île de Sal tout au Nord, et l’île de Sao Nicolao plus à l’ouest. L’escale dans la baie de La Palmeira sur l’île de Sal fut très plaisante. Mouillage réputé rouleur, nous avons été très confortable, sans doute grâce à notre petit tirant d’eau qui nous a permis de mouiller tout près de la plage, et aussi grâce au brise-lames récemment prolongé et très efficace pour limiter la houle. On ne peut pas en dire autant du mouillage de Tarrafal sur Sao Nicolao, rouleur et parfois très venté avec des rafales violentes qui descendent des montagnes. Mais dans tous les cas, l’atmosphère à terre est plaisante et très dépaysante. On est bien en Afrique, tout nous le rappelle.

 

Ces deux îles sont très différentes dans leur géographie, ce qui donne déjà un aperçu de la diversité des paysages dans l’archipel. Sal est plate, très pelée, aride, avec juste 2-3 petits sommets arrondis. Par contre, l’île de Sao Nicolao  est tout à fait extraordinaire. Vue de la mer, ce sont des montagnes pierreuses, totalement arides, pas de végétation, pas un arbre, ni un arbuste ni la moindre culture. Et puis, dès que l'on pénètre à l'intérieur de l'île, changement de décor. On arrive au sommet de vallées profondes, incroyablement découpées et couvertes de végétation et de cultures intelligemment irriguées. Maïs, canne à sucre, bananes (délicieuses), fruits tropicaux, c'est magnifique. Beaucoup de gens vivent dans ces montagnes, dans des petites maisons dispersées dans la végétation. On croise tout le temps du monde, un berger avec ses ânes, chèvres et chiens, des dames avec des bassines pleines de fruits sur la tête, des groupes de petits écoliers en uniforme bleu qui vont ou viennent de l'école à pied, dans les montagnes. 

Le village de La Palmeira vit principalement grâce à sa communauté de pêcheurs. Des petits bateaux colorés défilent toute la journée pour déposer quelques poissons, aussitôt grattés et vidés par les préposés de la coopérative des pêcheurs, le tout dans une ambiance très animée. Des femmes attendent avec leur bassine pour remporter les poissons vers la ville la plus proche et les vendre dans la rue. La bassine se porte bien sûr sur son petit coussinet posé sur la tête.

 

A Sao Nicolao, quelques gros bateaux de pêche partent pêcher le thon et de jeunes garçons désœuvrés viennent poser un filet le long de la plage, toujours dans les mêmes bateaux colorés, et qui pêchent..quoi ? on ne sait pas, on n’a pas vu grand-chose à vendre dans le petit marché local. 

Ile de Boa Vista

Encore un autre décor. Une île assez plate, un petit morceau de Sahara au milieu de l’Atlantique. L’intérieur est plutôt désertique, un désert de cailloux et de sable rouge, avec quelques arbres ou buissons de loin en loin, quelques palmiers. La côte est faite de dunes et de grandes plages de sable blanc, qui contrastent avec le bleu turquoise de la mer et le sable rouge de l’intérieur. C’est magnifique. Les bateaux de passage mouillent dans le couloir entre l’îlot do Sal Rei et la côte, un peu loin du village malheureusement. Mais pour une fois, le mouillage n’est pas trop rouleur.Par contre, les débarquements sont difficiles, on ne sait pas où laisser l'annexe de façon à pouvoir l'attacher et espérer que les enfants du village ne la prenne pas pour un plongeoir.

La ville principale Sal Rei ne présente pas un grand intérêt, mais les gens sont gentils et les pêcheurs vendent facilement leur poisson…ou leur langouste. Les plages sont des spots de kite-surf très fréquentés quand les alizés soufflent.

Notre grande distraction  aura été une balade en quad avec un guide, dans le quart sud-ouest de l’île, réservée par l’intermédiaire de Giggling Gecko Adventures, très pros. Ce fut une expérience vraiment amusante. On est rentré totalement couverts de sable rouge !

 

L’île de Boa Vista héberge beaucoup d’espèces d’oiseaux dont certaines en voie de disparition sur l’île comme la frégate ou le phaéton. Malheureusement, nous ne les avons pas vus. Nous avons juste  repéré une petite colonie de Fous bruns (Sula leucogaster) qui vivent sur l’îlot Sal rei et venaient pêcher autour du bateau 

Santiago-Brava-Sao Nicolao-Santiago avec Guillaume

Guillaume est venu naviguer avec nous une semaine. Il est arrivé sur l’île de Santiago et nous aurions normalement dû aller mouiller à Praia, la capitale, pour le récupérer. Mais nous avons entendu toutes sortes de récits, y compris par des gens du coin, de bateaux qui se sont fait visiter la nuit dans le port, avec tentative de vol plus ou moins violente. Cela  a fini par nous inquiéter et nous avons donc décider d’aller mouiller à Tarrafal, dans une grande baie au nord de l’île. Cela a obligé Guillaume à traverser l’île en Aluguer (2 heures de voyage) pour nous rejoindre, mais nous n’avons pas regretté, ce petit village de pêcheurs était vraiment sympathique.

Nous sommes ensuite partis vers l’île de Brava et le mouillage de Faija d’Agua, réputé être la plus belle baie du Cap Vert d’après mon guide de randonnée. Nous avons été très déçu !! mouillage difficile par 12-15 mètres de fond, houle déferlant tout autour de la baie, village quasi désert, une ambiance un peu stressante pour le capitaine qui n’a pas très bien dormi !!

Nous sommes vites repartis le lendemain vers Sao Nicolao, une très belle traversée au débridé avec 20-25 nœuds de vent. Nous connaissions déjà cette île mais nous l’avons re-visitée avec plaisir.

Nous avons retrouvé sur la plage notre gardien d’annexe attitré, un certain Kougna à qui nous avons toujours fait confiance.

En descendant vers Ribeira Brava, la ville principale de l’île, nous avons eu la chance de visiter une rhumerie artisanale, grâce à d’autres navigateurs Français rencontrés en chemin.

La canne à sucre arrive en pick-up, elle est retaillée en bâtonnets de 50 cm qui sont ensuite passés dans une presse pour en extraire le jus. Celui-ci est mis à fermenter pendant 5 à 10 jours puis distillé dans un magnifique alambic en cuivre pour en extraire l’alcool. Nous avons eu la chance de pouvoir en acheter 5 litres, c’est du bon rhum idéal pour le p’tit punch ! Les photos sont un peu dans le désordre mais vous devriez vous y retrouver avec les titres.

Nous avons reçu un accueil très sympathique, et l’ambiance de travail était détendue, avec un très grand nombre de personnes allant et venant, certaines très occupées à leur tâche…d’autres moins ! Des hommes uniquement.

 

Finalement, nous sommes retournés à Tarrafal sur Santiago pour y déposer Guillaume, une autre traversée avec pas mal d’air, mais nous avons un voilier qui marche bien dans ces conditions un peu musclées, et Guillaume semble avoir apprécié son quart de nuit avec des pointes à 9-10 nœuds dans les rafales à 25 nœuds. De là, nous sommes remontés vers Mindelo, encore une belle traite avec du vent et une mer formée.

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© Carole Beaumont