Quelques rencontres animalières interessantes

Le fou à pieds rouge ci-dessus est resté à bord presque 48 heures, au large de la Colombie. IL se plaisait tellement que lorsqu'il a fallu le chasser en arrivant au milieu de la nuit à Santa Marta, il n'était pas content du tout. Il a partagé son temps entre la pêche des poissons volants levés par le bateau et le lissage de ses plumes, une activité requerrant toute son attention! Un bien bel oiseau, solitaire, très curieusement familiarisé avec les voliers.

J'aimerais en savoir plus sur l'exocet

 

Je ne parle pas du missile rendu tristement célèbre par le naufrage du Sheffield pendant le conflit des Malouines, horreur de la guerre et merveille de la technologie Française. C'est le poisson qui m'intéresse, le poisson volant, une merveille de la nature. 

Tout d'abord pour nous autres navigateurs, le poisson volant est un emblème de la navigation au large dans les alizés. Nous savons tous que Moitessier les appréciait particulièrement au petit déjeûner. J'ai dû attendre longtemps pour en récolter moi-même sur le pont (mais pas pour les manger, je préfère les tartines grillées et la marmelade d'oranges) Eh bien je ne suis pas décu. Quel engin incroyable ! 

Mais enfin, comment ça marche un exocet, je veux dire comment ça vole ? Il lui faut d'abord se lancer sous l'eau à grande vitesse. Sacré nageur ! Puis, dès qu'il perce la surface, ses ailes immenses, plus longues que le poisson lui-même doivent se déployer instantanément. Le vol, au ras des vagues peut atteindre une bonne centaine de mètres, et, bien que je n'en sois pas sûr, il me paraît battu, et non plané, une autre prouesse technique. De plus ce vol est probablement en partie dirigé, car le poisson est capable de sauter les vagues ou d'effectuer un virage. La partie inférieure de sa nageoire caudale, plus longue, effleure la surface de l'eau, sans doute pour lui indiquer son altitude, peut-être aussi pour participer à la propulsion. Il doit être capable de voir dans l'air vers l'avant, pour anticiper les crêtes de vagues. Est-ce pour cela, par défaut de vison nocturne, que c'est toujours la nuit qu'il s'écrase sur le pont, jamais dans la journée ? 

Autant de questions qui restent pour le moment sans réponse car je n'ai pas suffisamment de débit sur internet pour "googler". Frustration.

En tout cas, l'évolution semble avoir doté notre exocet d'un moyen très efficace d'échapper à ses prédateurs, car il y en a beaucoup de ces petits poissons, toujours en bancs. Pas toujours si petits d'ailleurs, certains dépassent les 20cm, et se prendre dans la tronche une de ces merveilles de la nature pendant son quart a de quoi vous rendre beaucoup moins enthousiaste.

 

Eh bien, je devrai attendre encore un peu avant de pouvoir faire des recherches bibliographiques et devenir un peu plus savant sur l'exocet. En attendant voici une photo sur laquelle on voit bien les grandes ailes et les gros yeux de ce drôle de poisson-oiseau.    
 
         

Les fous de l'Atlantique, autres que les fous de Bassan

 

Autre merveille, le fou.Nous en avons vu de plusieurs espèces différentes

Tout d'abord, un très bel oiseau, grand, corps blanc, dessous des ailes tachetées au milieu, noires aux extrémités, une tache noir autour du bec, très certainement un "fou masqué", ou Sula dactylatra (ça je le sais parce que nous avons un bouquin à bord). On en a vu deux jours de suite, par 7-5 ° N, donc tout près de l'équateur.

Ensuite, au large de Fernando, nous avons vu des "fous à pieds rouges" (Sula sula). Plusieurs jours de suite, ils venaient au petit matin, en général à deux, pour attraper les poissons volants effrayés par l'arrivée du bateau, qu'ils prenaient sans doute pour un gros prédateur. Vol plané, en embuscade à une vintaine de mètres d'altitude, juste par le travers du bateau, la tête tournant de gauche et de droite. Dès qu'une proie se présente, déclenchement brutal sur l'aile, et accélération en piqué pour se retrouver derrière le poisson, au ras de l'eau, en ramant comme un forcené pour le gagner de vitesse. Un véritable "dog-fight" digne de Top Gun. 

Mais il me semble que c'est plutôt pour le sport, car j'ai rarement vu le poisson se faire gober. En général il plonge avant d'avoir été rattrapé. Enfin, plonger est un bien grand mot, car en fait, arrivé en bout de course, le poisson volant se crashe comme une loque, cul par dessus tête, avec les ailes dans tous les sens. Sans doute la nature n'a-t-elle pas jugé qu'un bel atterrissage était un avantage sélectif.

Fou masqué
Fou à pieds rouges

Les noddis

 

Autre rencontre, ceux que nous avons appelés "les lascards"!

En fait des noddis, sorte de sternes tropicales. Ils sont arrivés au début de la nuit, au large de Fernando de Norunha,  et se sont posés sur la bateau, qui sur le panneau solaire, qui sur les filières ou sur le tangon à poste sur le mât. Et ils ont voyagé gratis pendant toute la nut, en se chamaillant sans arrêt!! D'où le nom de "lascard" que nous leur avons donné!

Les oiseaux rencontrés entre Panama et Gambier

A la hauteur de l'Equateur, nous avons croisé quelques Goelands à queue fourchue . Six ou sept d'entre eux nous ont accompagnés toute la nuit, volant à la hauteur et à la vitesse du bateau, d'un battement d'ailes lent et régulier. Un peu impressionant!

 

 

Une sterne inca s'est posée sur le pont quelques heures, à la hauteur de l'île Malpelo

Les papillons des chutes d'Iguaçu

 

Les papillons sont très nombreux autour des chutes. Ils viennent rechercher le sel issu de la sueur des touristes. Ils se promènent sur toutes les rembardes où des milliers de mains se posent!

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© Carole Beaumont