Le barrage d'Itaipu, à côté de Foz d'Iguaçu

Le barrage hydroélectrique d’ITAIPU sur le rio Parana est à la frontière entre le Paraguay et le Brésil. Il fait 7 km de long, 225 m de haut et il est équipé de 20 turbines. Chaque turbine couplée à un générateur est entraînée par une colonne d’eau de 118 m de haut.

Les négociations entre les deux pays ont commencé en 1966, la construction a duré de 1975 à 1984, date de la mise en service de la première turbine. Le barrage produit 14 000 MW de façon relativement constante car la retenue d’eau en amont, d’une surface de 1 350 km2 est alimentée quasiment toute l’année. Cela en fait le premier barrage hydroélectrique du monde, plus grand que le barrage des Trois Gorges en Chine. Celui-ci débite environ 20 000 MW, mais son alimentation en eau est plus variable, fonction en particulier de la fonte des neiges, ce qui fait que sa production annuelle est inférieure à celle de ITAIPU.

Bien sûr, comme celui des Trois Gorges, la construction du barrage n’a pas été sans coût écologique : Destruction de forêt équatoriale, d’espèces animales, relocalisation de populations… et destruction d’un un site touristique renommé, les chutes de Guaira plus hautes que celles d’Iguaçu. Mais bien sûr tout ceci n’est pas mentionné au cours de la visite ni dans le «musée écologique » proche.

 

Le barrage est géré par la compagnie ITAIPU Binacional, créée en 1974, conjointement par les gouvernements du Brésil et du Paraguay, alors deux dictatures militaires. Cette compagnie a piloté la conception et la construction du barrage qui s‘est étalée sur 16 ans et elle gère maintenant le fonctionnement et l’entretien du barrage. C’est une structure unique en son genre, ni gouvernementale ni privée, reposant sur un traité établi à sa création qui régit son fonctionnement dans les moindres détails. Elle échappe complètement à la constitution des deux pays. On pourrait comparer sa situation à celle du Vatican par rapport au gouvernement Italien.

 

Le barrage est partagé strictement entre les deux pays, dix turbines pour le Paraguay, dix turbines pour le Brésil. Des fils électriques à très haute tension partent de la centrale, moitié vers un pays et moitié vers l’autre. Seule particularité : le Paraguay produit du courant alternatif à 50 Hz alors que le Brésil produit du courant à 60 Hz (en augmentant la vitesse des turbines) compatible avec ses installations. Dans la pièce de contrôle des turbines, vingt panneaux de contrôle, dix à droite pour le Brésil, dix à gauche pour le Paraguay, des ingénieurs de chaque nationalité, et un chef remplacé toutes les six heures, de chacune des deux nationalités en alternance.

 

ITAIPU Binacional vend ensuite l’électricité à chacun des deux pays, à prix coutant. Le prix couvre le remboursement des prêts bancaires ayant permis la construction du barrage, les coûts de fonctionnement, de production et d’entretien. Cette société à la structure très particulière deviendra une société privée pouvant faire des bénéfices lorsque la totalité des prêts aura été remboursée, c’est-à-dire en 2023.

 

Le Paraguay produit beaucoup plus d’électricité que ce dont il a besoin et revend le surplus… au gouvernement Brésilien… mais cette fois au prix du marché ! Le Brésil doit en plus assurer la transformation du 50 Hz en 60 Hz, ce qui représente un cout supplémentaire. Au total, le Brésil consomme 90 % de la production du barrage, ce qui couvre environ 15 % des besoins actuels du pays en électricité. Il n’y a pas eu de défaillance de production du barrage depuis sa création, mais malheureusement plusieurs black-out dus à la vétusté du réseau à haute tension. Le Brésil perd ainsi 10 à 20% de sa production totale annuelle d’électricité, tous moyens confondus !

 

Une fondation, le PTI, gère l’exploitation touristique du site et finance une université, des recherches sur des véhicules électriques, des énergies propres, l’optimisation de biomasses etc…

 

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© Carole Beaumont