Les oiseaux marins

Le fou à pieds rouge ci-dessus est resté à bord presque 48 heures, au large de la Colombie. IL se plaisait tellement que lorsqu'il a fallu le chasser en arrivant au milieu de la nuit à Santa Marta, il n'était pas content du tout. Il a partagé son temps entre la pêche des poissons volants levés par le bateau et le lissage de ses plumes, une activité requerrant toute son attention! Un bien bel oiseau, solitaire, très curieusement familiarisé avec les voiliers.

Les fous de l'Atlantique, autres que les fous de Bassan

 

Autre merveille, le fou. Nous en avons vu de plusieurs espèces différentes

Tout d'abord, un très bel oiseau, grand, corps blanc, dessous des ailes tachetées au milieu, noires aux extrémités, une tache noir autour du bec, très certainement un "fou masqué", ou Sula dactylatra (ça je le sais parce que nous avons un bouquin à bord). On en a vu deux jours de suite, par 7-5 ° N, donc tout près de l'équateur.

Ensuite, au large de Fernando, nous avons vu des "fous à pieds rouges" (Sula sula). Plusieurs jours de suite, ils venaient au petit matin, en général à deux, pour attraper les poissons volants effrayés par l'arrivée du bateau, qu'ils prenaient sans doute pour un gros prédateur. Vol plané, en embuscade à une vingtaine de mètres d'altitude, juste par le travers du bateau, la tête tournant de gauche et de droite. Dès qu'une proie se présente, déclenchement brutal sur l'aile, et accélération en piqué pour se retrouver derrière le poisson, au ras de l'eau, en ramant comme un forcené pour le gagner de vitesse. Un véritable "dog-fight" digne de Top Gun. 

Mais il me semble que c'est plutôt pour le sport, car j'ai rarement vu le poisson se faire gober. En général il plonge avant d'avoir été rattrapé. Enfin, plonger est un bien grand mot, car en fait, arrivé en bout de course, le poisson volant se crashe comme une loque, cul par dessus tête, avec les ailes dans tous les sens. Sans doute la nature n'a-t-elle pas jugé qu'un bel atterrissage était un avantage sélectif.

Fou masqué
Fou à pieds rouges

L'île des Aves, une île du Vénézuéla assez loin de la côte et totalement inhabitée, héberge,comme son nom l'indique, une énorme colonie de fous à pides rouges, ainsi que d'autres oiseaux (cormorans, sternes etc...)

Les noddis

 

Autre rencontre, ceux que nous avons appelés "les lascards"!

En fait des noddis, sorte de sternes tropicales. Ils sont arrivés au début de la nuit, au large de Fernando de Norunha,  et se sont posés sur la bateau, qui sur le panneau solaire, qui sur les filières ou sur le tangon à poste sur le mât. Et ils ont voyagé gratis pendant toute la nuit, en se chamaillant sans arrêt!! D'où le nom de "lascard" que nous leur avons donné!

Les oiseaux rencontrés entre Panama et Gambier

A la hauteur de l'Equateur, nous avons croisé quelques Goelands à queue fourchue . Six ou sept d'entre eux nous ont accompagnés toute la nuit, volant à la hauteur et à la vitesse du bateau, d'un battement d'ailes lent et régulier. Un peu impressionant!

 

 

Une sterne inca s'est posée sur le pont quelques heures, à la hauteur de l'île Malpelo

Les oiseaux de Nouvelle Zélande

Il y a énormément d'oiseaux en NZ, surtout en mer le long des côtes. Nous sommes loin de savoir tous les identifier, surtout les pétrels (shear water), très semblables les uns aux autres. Par contre, il y a quelques espèces faciles à identifier parmi les oiseaux de mer, mais aussi parmi les limicoles qui peuplent les rivages et les estuaires. Pour les oiseaux terrestres, en dehors du tui très reconnaissable à son cri varié et original, et le fan tail, sorte de mésange qui déploie sa queue en éventail, nous n'avons pas fait des miracles en identification.

Les oiseaux de mer

Ici, finis les fous aux pieds colorés caractéristiques des Tropiques, on rencontre des Fous australs ( Sula serrator) qui ressemblent beaucoup aux Fous de Bassan (Sula bassana) présents sur les côtes bretonnes. Ce sont aussi de remarquables pêcheurs qui se laissent tomber comme des pierres sur leur proie avec une grande précision. 

Nous avons eu la chance de croiser une fois un grand oiseau, un Pétrel de Hall (Macronectes halli), avec de drôles de plaques sur le bec. Nous l'avons vu au large de Whangarei, il est sans doute plus fréquent le long de lîle du Sud;

Les mouettes, goëlands et sternes sont partout très présentes

 

Dans la Bay of islands, nous avons vu de très belles mouettes à fière allure, des mouettes australiennes (Chroicocephalus novaehollandiae).

 

 

Les sternes, ci-dessous des White-fronted terns ou Sterna striata

Les cormorans à plumage blanc et noir (pied shags)

Il y a plusieurs sortes de cormorans (shags) en NZ, mais le pied shag, plus petit que les gros cormorans noirs, est très répandu et niche dans les arbres. Nous en avons vu quelques belles colonies dans la Bay of Islands.

 

Les limicoles, ou oiseaux de bords de mer, rivages, estuaires

Nous aimons beaucoup les New Zealand Dotterels (Charadrius obscurus) ou pluvier roux, une espèce menacée et très protégée. Elles nichent dans les dunes et on les voir marcher à petits pas rapides sur la plage à marée basse. Nous en avons croisé sur une plage isolée de l'ile de Whaiheke  où un habitant venait en kayak tous les matins pour les compter , mais aussi sur la plage de Tairua (presqu'île de Coromandel), où elles semblent plus nombreuses.

 

 

Et cet oiseau là, n'est-il pas élégant? Pied stilt (Himantopus leucocephalus) ou échasse d'Australie

 

 

Le Variable Oystercatcher, (Haematopus unicolor ) ou Huitier-pie, un cousin de nos huitriers pie bretons, très présent le long des côtes. Il semble être très territorial, toujours en couple sur la plage, prêt à défendre chèrement son nid, mais on le trouve aussi en bande nombreuse dans les zones riches en coquillages. 

 

 

Et enfin, je voudrais vous parler du Bar-tailed Godwit (Limosa lapponica) ou Barge rousse, oiseau migrateur dont le trajet force l'admiration.

Ces oiseaux quittent la NZ début Mars et volent non-stop jusqu'en Corée du Sud pour un "refuelling" avant de continuer jusqu'en Alaska. En Septembre, à la fin de la saison d'été, lorsque les jeunes peuvent voler, elles reviennent non-stop jusqu'en NZ, un trajet de plus de 11 000 km qu'elles effectuent en 8-9 jours. Bluffant!

 

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© Carole Beaumont