L'archipel du Vanuatu

 

 

L’archipel de Vanuatu est un ensemble de 83 îles réparties entre  13°S et 21°S, à l’ouest des Fiji, connues sous le nom des Nouvelles Hébrides de 1774 à 1980. 

 

Ces iles partagent une ancienne culture tribale remontant à plus de 3000 ans bien que leur isolement, dû à la fois à la distance entre les îles, à la végétation tropicale très dense, aux nombreuses cascades, au relief volcaniques (neuf de ces îles sont des volcans parmi lesquels les plus dangereux de la planète) , fait que ces îles ont chacune leur culture, leurs traditions basées sur les esprits, les ancêtres, la magie, les cérémonies traditionnelles (regroupées sous le terme de kastom). La confrontation au monde moderne vient bien sûr bousculer cet équilibre et nous avons pu constater à plusieurs reprises combien leur vie encore primitive par bien des aspects représente un attrait touristique majeur alors que la population Ni-Vans souhaiterait au contraire avoir accès aux nouvelles technologies et aux facilités du monde moderne.

 

Le pays est indépendant depuis 1980 après avoir été un Condominium Franco-Anglais pendant 80 ans, avec deux forces de police et  leurs lois respectives et deux systèmes pénitenciers, deux services de santé, deux systèmes scolaires, deux monnaies, deux systèmes d’unités de mesure. Encore aujourd’hui, il y a des écoles Françaises et des écoles anglaises, deux langues principales, le Français et l’Anglais, une langue commune, le Bichlama, inventée pour faciliter la communication entre les habitants (me no tok-tok Bichlama), et 113 langues locales !

 

En dehors des îles d’Efate où se trouve Port Vila, la capitale, et de la grande île de Espiritu Santo où se trouve la deuxième autre ville d’un peu d’importance, Luganville, ces deux îles bénéficiant d’infrastructures portuaires, de routes, d’électricité, les habitants se répartissent dans des petits villages au confort rudimentaire, souvent dépourvus d’électricité si ce n’est celle apportée par quelques panneaux solaires facilement hors d’état de marche. Les habitants vivent de peu,  de poissons pêchés de façon artisanale, de poulets et de quelques cochons et des fruits et légumes qu’ils font pousser dans des jardins durement gagnés sur la forêt tropicale. Les marchés de Port Vila et Luganville sont actifs 24h/24 et 7j/7, les stands étant tenus par des dames de tous âges venues de leur village vendre leurs fruits, légumes, fleurs, tas de bois. Pas de maraîchers professionnels, juste ces villageoises qui dorment sur place, sur des bouts de carton à même le sol, et restent 2-3 jours avant d’être remplacées par d’autres.

 

L’économie du pays est très fragile. La récolte du coprah perdure sur certaines îles mais le bateau qui doit venir ramasser les sacs passe de moins en moins souvent et les sacs pourrissent dans les greniers. Le cours du coprah s’est effondré et les Ni-Vans ne bénéficient pas du soutien d’un gouvernement occidental pour leur racheter le coprah au prix fort comme le fait la France en Polynésie… Les produits de l’agriculture comme le kava (racine de poivrier aux propriétés un peu hallucinogènes), le cacao, les fruits tropicaux sont aussi des sources de revenu.

 

Le tourisme est bien sûr une source de revenus potentiels importante bien qu’il soit encore peu développé. Les yachties comme nous ou les passagers des cruise-ships (Américains ou Autraliens le plus souvent) achètent les sculptures, les sacs traditionnels en osier tressé, et payent pour voir des spectacles de danses traditionnelles, qui du coup perdent beaucoup de leur authenticité et de leur âme en devenant un spectacle.

L’éducation des enfants tient une grande place dans la vie des Ni-Vans. Le peu d’argent que les gens gagnent semblent complètement absorbé par le cout de la scolarité. L’école primaire est en général gratuite mais l’école secondaire coute entre 8 000 et 50 000 vatus par trimestre suivant le niveau (entre 80 et 500 euros) auxquels il faut ajouter souvent le prix de la pension lorsque l’école est  située trop loin du village ou sur une autre île (autour de 35 000 vatus, 350 euros, par trimestre). Pour des gens qui vendent de temps de temps des papayes ou des bananes pour 100 ou 200 vatus, cela représente des sommes énormes, et l’objet de préoccupations permanentes. Dans certaines familles, le mari part six mois en Australie pour ramasser des fruits ou légumes et gagner un peu d’argent pour payer la scolarité des enfants. Certains ont des amis australiens ou néo-zélandais, ou des membres de la diaspora Ni-Van qui les subventionnent

 

Sandroing (sand drawing)

 

Une activité artisitique éphémère. Le dessin doit être tracé d'un geste continu, sans que le doigt quitte le sable. Le dessin illustre une histoire racontée par une autre personne et doit se terminer sur le dernier mot. 

Cette technique servait de méthode de transmission d'un message ou d'une histoire.


Nous l'avons vue pratiquée au Musée de Port Vila. Quelques personnes la pratique encore dans les îles

 

 

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© Carole Beaumont